Article de Sophie SEGUIN et Cécile IRAN

    D’après l’intervention de Norbert PAQUEL, le 15 février 2011, lors des Journées Crossmédias.

    Norbert Paquel, expert en NTIC, PDG de Canope nous présente les évolutions imprévisibles des TIC. Les mutations des techniques de communication ont été un facteur de bouleversement du secteur d’Internet et des médias classiques depuis des siècles. Ces renversements sont source de croissance mais à la condition de migrations financières et de la création de nouvelles économies liées au numérique. Les entreprises doivent tenir compte des erreurs du passé et faire face à un avenir opaque en évoluant et en se diversifiant.

    Depuis des millénaires, les hommes ont un besoin fondamental de communiquer entre eux, de partager des connaissances et de véhiculer des messages. L’évolution socio-culturelle permet l’apparition de nouveaux médias dans nos sociétés. L’exemple de l’imprimerie illustre cette évolution qui a permis un tournant fondamental dans le changement des relations humaines. L’imprimerie est un outil qui traduit le passage d’une économie agricole à une économie féodale, où la bourgeoisie domine. Grâce à cet outil, le contenu devient accessible au plus grand nombre, annonçant la mondialisation.

    Avec l’arrivée des NTIC, on ne s’intéresse plus à l’objet mais aux connaissances. On vend de l’immatériel plus que du matériel. Le web est le premier espace à vendre des contenus. L’économie de l’immatériel ne peut fonctionner que sur les bases de l’économie classique. En effet, avec les livres, nous vendions le support matériel, associé au coût de production technique et du matériel. Avec la dématérialisation, il faut trouver des nouveaux moyens de financement. Il existe quelques solutions qui sont la mise en place d’un écosystème complet et exclusif comme celui d’Apple (les services et produits sont complémentaires et ne peuvent fonctionner qu’entre eux), le tout-publicité (par exemple, Google intègre des publicités sur ces différents services : moteur de recherche, mail…) ou encore le « Big Brother » (Facebook vend les données utilisateurs à diverses sociétés).

    La création et la production de contenus sont rémunératrices. Les sociétés peuvent vendre des abonnements aux internautes, leur permettant ainsi d’avoir un accès facile à des contenus de qualité.
    Il faut des systèmes extrêmement réactifs permettant l’évolution vers une économie radicalement différente – il n’y a pas que dans les médias que l’économie actuelle doit s’interroger sur ses modèles. La rémunération de la création, la qualité, le besoin de sélection et l’ouverture sont les ingrédients indispensables à une bonne pérennité des TIC.

    L’avenir des TIC est impossible à prévoir mais passionnante à vivre : « You ain’t seen nothing yet ».

    Retrouvez l’interview de Norbert Paquel, réalisée à l’occasion des Rencontres Crossmédias 2009-2010, sur Dailymotion.

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