A l’origine du projet, la volonté de penser la culture ancrée dans le territoire et d’inventer un nouvel objet numérique qui fait le lien entre le patrimoine, le tourisme et l’éducation : sortir les collections du musée, les replacer dans la ville et faire d’une application mobile un outil de valorisation culturelle et territoriale. Restituer le « génie du lieu » par son histoire, ses personnalités hautes en couleurs, les œuvres que Montmartre a inspiré. Dans une dynamique orientée crossmédia, l’enjeu fut de penser l’interconnexion du mobile et du web, et l’interopérabilité des contenus sur différents supports.

    Valorisation des collections numérisées et développement territorial

    Penser la culture ancrée dans le territoire : un enjeu fondamental pour les collectivités territoriales, tant pour le développement économique local que pour le rayonnement des villes et des régions. Pour nous, cet enjeu s’est concrétisé dans la conception d’une application mobile, géolocalisant des œuvres autour de lieux. Montmartre, avec son histoire millénaire, sa forte identité culturelle, son périmètre restreint et clairement délimité, offrait l’exemple idéal pour expérimenter une application mobile qui associe ville et musée.

    L’application propose ainsi de découvrir les hauts lieux de la Butte dans une ballade géolocalisée en douze étapes — du Moulin Rouge au Sacré-Cœur — à travers les collections patrimoniales numérisées. En associant images, textes, sons et vidéos, l’application permet de confronter le Montmartre d’aujourd’hui à ce qu’il était hier – tour à tour village de campagne, abbaye bénédictine, quartier des plaisirs, foyer révolutionnaire et cité d’artistes d’avant-garde. Manuscrits, photographies, peintures, affiches, cartes, chansons, issus des collections numérisées des bibliothèques et des musées, restituent l’ambiance, l’histoire de chaque lieu, présentent les artistes qui y furent inspirés et les œuvres qu’ils y ont créées.

    L’application a été développée pour iPhone avec le Framework PhoneGap. Elle s’adresse aux touristes autant qu’aux publics scolaires et familiaux, auxquels il est donné de découvrir ou redécouvrir le quartier dans son épaisseur historique et artistique. Elle est actuellement en version Bêta, dans l’attente d’un financement.

    La carte et le temps
    Avec la carte et la géolocalisation des documents, le temps est le second axe de structuration de nos contenus. Un affichage dynamique des événements depuis la base de données aurait permis de retrouver en ligne les œuvres ordonnées dans une chronologie : nous avons préféré faire la part belle au talent d’illustratrice de Mathilde dont la gageure fut d’embrasser une quarantaine d’événements sur onze écrans, depuis la préhistoire jusqu’aux années folles, en une chronologie dynamique. Un parti-pris graphique au succès garanti, tant les chronologies sur le web sont souvent d’austères interfaces.

    Nous avons conçu le prototype d’un projet plus ambitieux, qui aurait à terme donné la possibilité de préparer sa visite en amont sur le web, de mieux l’apprécier au musée et dans la ville grâce à l’application mobile, et de pouvoir ensuite la prolonger en retrouvant les contenus en ligne, en pouvant les recommander, les partager, voire renouveler l’expérience à distance. Faire le lien entre le réel et le virtuel, c’est en effet proposer un double parcours : un « parcours physique » à travers le quartier, replaçant des collections en situation dans la ville, et un « parcours numérique » dans une base de données à travers une exposition virtuelle et un centre de ressources. Les deux s’enrichissant l’un l’autre.

    Un projet global pour le musée

    Une telle application s’inscrit dans une ambition plus large de numérisation des collections consultables en ligne. Un site Internet avec une exposition virtuelle mettant en scène les œuvres ainsi qu’un centre de ressources construit autour une base de données, sont les éléments constitutifs d’une stratégie crossmédia pour le musée. Désormais, grâce à l’externalisation des contenus, ceux-ci peuvent être interopérables sur différents supports et permettre l’interconnexion du mobile et du site web. Les collections du musée de Montmartre n’étant pas encore numérisées, nous n’avons pas pu expérimenter un tel dispositif qui, n’en doutons pas, est l’avenir des musées.

     

    Le projet a réuni six étudiants du Master CEN de Paris 8 : Arnaud Laborderie (chef de projet, conception), Adnene Zouaoui (programmation), Elisa Frantz (graphisme), Mathilde Letard (graphisme, développement), Lizhen He (graphisme), Emmanuel Larive (graphisme, développement, motion design).

    En savoir plus : le « musée virtuel »

    Partager et découvrir:
    • Print
    • Digg
    • StumbleUpon
    • del.icio.us
    • Facebook
    • Yahoo! Buzz
    • Twitter
    • Google Bookmarks