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Selon une étude de Broadband Forum et Point Topic fin 2010, 10 millions de personnes sont déjà connectées en France via la box TV de leur fournisseur d’accès. Le marché français se positionne au 1er rang mondial. Les prévisions sont toutes aussi encourageantes. D’après le cabinet Display Search, en 2014, 125 millions de TV connectées seront vendues dans le monde. Cette croissance va permettre à la télévision d’interagir avec le téléspectateur et de proposer des contenus enrichis et personnalisés. L’écran ne sera plus un objet limité mais bel et bien un média ouvert à de multiples services et contenus.

Qu’est-ce que la TV connectée ?

Plusieurs définitions sont proposées. La plus simple serait qu’elle est une « télévision connectée à Internet » (Guide de la télévision connectée, AFMM, juin 2011). Néanmoins, elle est également connectée à d’autres équipements tels que les lecteurs DVD, Blue Ray, Disque Dur, Box Hybride, Box TV, console…

Son usage actuel en est au « degré zéro ». Aujourd’hui, en terme de services, nous connaissons l’évolution des contenus « à la demande » tels que la VOD (Video On Demand), les UGC (User Generated Content), les Catch Up (télévision de rattrapage), les bouquets TV, les Médiacenter, les applications et les jeux. Pour la VOD, en 2010, 40 millions d’actes (JDN de janvier 2011) ont été comptabilisés. Les UGC regroupent tous les contenus générés par les utilisateurs eux-mêmes et partagés grâce au web 2.0. La Catch Up, type M6 Replay, permet aux téléspectateurs de revoir des programmes diffusés. Une récente étude de Global TV, conduite par Médiamétrie, révèle que près de 3 personnes sur 10, soit 14,5 millions de 15 ans et plus, regardent occasionnellement des programmes TV en Catch Up (ZD net, septembre 2011). Deux tendances sont à analyser sur cette étude : l’augmentation du visionnage de programmes en différé, via la Catch Up, et la multiplicité des écrans tels que l’ordinateur, le téléphone mobile ou la tablette. En ce qui concerne les bouquets TV, les Médiacenter (ensemble de vos contenus multimédia réunis directement sur votre ordinateur) ou encore les jeux, ces pratiques sont bien connues et utilisées par les téléspectateurs.

Au niveau technique, plusieurs constructeurs se sont positionnés, et même démarqués, sur le marché. Citons les plus actifs tels que Samsung, Google, Panasonic, Apple et LG. Chacun d’eux propose sa plateforme, son langage informatique et définit sa place sur ce marché. Par exemple, Samsung est propriétaire de sa plateforme, accueille les langages Javascript, Html 5 ou en Flash, et son service est vendu sous forme d’applications (Samsung Apps). Chez Google, la plateforme Android utilise les langages Java, Javascript et Flash. Les développeurs ont la possibilité, sous Mac OS et Windows, de créer des applications. Les applications sont téléchargeables sur  Android Market.

Très récemment, la HbbTv (Hybrid Broadcast Broadband TV) et le CE-HTML (Consumer Electronics HTML) proposent des contenus interactifs diffusés par les chaînes en langages HTML, CSS, Javascript et encodé en H264. En mai 2011, l’événement Roland Garros a diffusé un service en HbbTV. Les téléspectateurs avaient accès à la version complète de l’application pour ceux équipés de la TV compatibles HbbTV connectées à Internet. Ainsi, des services, des contenus enrichis étaient visionnés pendant les matches.

Pour résumer, nous constatons aujourd’hui cinq positionnement différents chez les éditeurs médias pour la TV connectée :

– « TV+ » : les chaînes sont enrichies mais l’enrichissement est moins important que la diffusion. Par exemple, les éditeurs sont Youview au Royaume Uni ou HbbTV pour le modèle européen ;

– « OTT Video Package » : ce sont les services proposés grâce à un boitier. Par exemple, l’Apple Tv pour l’international ou Roku et Vudu pour les Etats-Unis ;

– « Connected media Center » : il permet le rassemblement de tous les outils connectés via un media center pour l’accessibilité sur tous les écrans. Les éditeurs médias sont Tivo, Sony media player N100 ;

– « TV App store » : il s’agit du même modèle que les smartphones avec l’accès à des services Internet. Les éditeurs sont Yahoo ! Connected TV ou Samsung Apps…

– « Seamless access to all content » : L’écran devient l’accès unifié de tous les contenus. Il est l’élément principal du foyer. Google TV en est un bon exemple.

Ces évolutions amènent des questionnements sur l’accès et l’ergonomie de la télévision. L’accès doit rester cohérent avec les usages des utilisateurs et les contenus doivent être structurés. L’interface homme-machine doit être pensée à nouveau. L’écran tactile est-il approprié ? Son prix n’est-il pas trop élevé ? La tablette pourrait-elle être utilisée ? N’est-elle pas destinée à un public trop restreint ou sélectif ? Le smartphone peut-il faciliter l’accès aux services de par son côté pratique ? N’est-il pas trop personnel dans le cadre d’une utilisation collective, en famille ? Et la télécommande, est-elle obsolète ? Peut-être elle est jumelée, associée, à d’autres objets communicants ? Des tentatives et des protytpes ont été avancés mais aucun n’a encore réellement été commercialisé. Par exemple, pour la Google TV, Sony a tenté d’optimiser une manette avec un clavier.

Quelles évolutions, quelles innovations pour la télévision connectée de demain ?

Ce «degré zéro» que nous avons évoqué va s’étendre et s’ouvrir davantage dans certains domaines : ouvertures sur les contenus, qui seront plus riches et plus interactifs, mais également sur le « web » et vers un monde d’applications.

Les contenus enrichis permettront d’informer le téléspectateur. Ce dernier pourra également interagir et manipuler ces contenus (par exemple, création de favoris). L’interaction en live sur des programmes et l’accès au web vont également créer une dynamique entre les téléspectateurs. Les réseaux sociaux permettront également aux chaînes TV d’introduire la notion de cross média dans leurs programmes et d’engager un véritable dialogue avec et entre les téléspectateurs. Par exemple, bientôt, vous pourrez échanger sur Facebook pendant le journal avec le gestionnaire de communauté FTV, l’application mobile de France Télévision, ou celle de TF1,  MyTF1. Concernant le web, vous pourrez par exemple suivre le journal télévisé et chercher des compléments d’informations sur internet. Vous aurez la possibilité de situer un pays, une ville, lire une biographie ou visionner une vidéo pendant votre programme.

L’apparition de chaînes de marques sera également d’actualité. Nous pourrons y consulter des contenus enrichis, des publicités, des informations sur les marques telles que des marques de voitures (par exemple Renault).

L’achat direct sera davantage développé sur la TV connectée. Actuellement, nous pouvons citer l’exemple de TF1 avec le TF1 Tag TV . TF1 Publicité a diffusé les premiers spots publicitaires taggés. Ils permettent aux annonceurs d’être transparents sur les produits, de mettre en avant certains contenus et de proposer des coupons de réduction sur les produits vus sur la chaîne, et ce dès l’apparition du logo ou d’une cône pendant le spot publicitaire.

Le «monde d’applications» va également se développer. A l’heure actuelle, vous pouvez déjà utiliser quelques jeux, voter pour un comédien ou un acteur, participer à des quizz, voir des vidéos ou des photos. Cet univers va s’agrandir grâce aux applications sur les smartphones, aux jeux, aux services interactifs… Vos contenus et vos écrans seront compatibles et synchronisés avec le téléviseur connecté : la télévision sera multi-écran (« TV everywhere »).

Pour conclure, les professionnels du secteur sont très optimistes et excités par l’avenir de la télévision. Selon certains, Internet va révolutionner la télévision comme il l’a déjà fait avec d’autres industries.

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