Notre démarche est la rencontre de trois envies. La première a été celle de créer un projet qui sortirait des frontières de la relation unique entre l’utilisateur et son écran, en investissant un espace public afin de proposer une expérience collective.

    La seconde envie, purement sensible, a été celle de développer un projet dans le secteur culturel, et plus particulièrement, dans le cadre des institutions muséales. La question de l’intégration du numérique dans le musée n’est pas nouvelle : de l’apparition des simples bornes d’information à des projets comme Blinkster pour le centre Georges Pompidou (qui permet d’accéder à des informations sur les œuvres en les photographiant), l’évolution de la réflexion autour des dispositifs interactifs dans les musées comme outils de médiation est éminemment actuelle.

    Notre troisième et dernière envie est celle de l’innovation. En s’inscrivant dans la réflexion actuelle de modernisation de la médiation culturelle dans les musées, nous avons pointé les besoins, les manques et les envies, et, dans un contexte qui ne peut ignorer les NTIC, nous avons réfléchi à des solutions innovantes.

    L’objectif de notre projet est de donner la parole aux visiteurs des musées, par le biais de ces outils numériques. L’apparition des nouveaux médias impulse des changements structurels importants, s’expliquant notamment par la présence toujours plus imposante du web social. Ce dernier engendre des mutations, bouleversant les appréhensions politiques, économiques et sociétales desquelles ne peut se soustraire le secteur culturel. Utilisées majoritairement comme un outil de communication visant à entretenir des liens privilégiés avec les publics, les potentialités du web social échappent cependant aux institutions. Cet objet controversé effraie autant qu’il fascine, probablement en raison de sa capacité à libérer les expressions des communautés. Cette libération se traduit par un désordre caractéristique de ce qui compose l’Internet aujourd’hui et est antagoniste à la discipline traditionnelle des institutions. C’est probablement cette raison précise qui formule la cause des controverses.

    Étant pourtant l’objet idéal de libération des expressions, le web social est un outil unique, pouvant être décliné au-delà même des limites de l’écran. Notre projet s’attache ainsi à trouver les déclinaisons possibles et adaptées à l’espace d’exposition.

    Les raisons qui nous poussent à susciter les expressions s’inscrivent dans un contexte d’émergences de nouvelles formes de médiation culturelle, basées sur les participations et les contributions des sujets. Cette médiation se justifie par un lien entre le public et les œuvres parfois difficile à établir. Elle nécessite probablement une manifestation explicite des visiteurs afin d’accéder d’autant plus au sens des objets culturels. Le projet Muséomix, créé en novembre 2011, a notamment largement entamé ces réflexions, réfléchissant autour de concepts innovants collaboratifs et participatifs tournés vers le visiteur.

    Au travers de notre projet Murmur, nous avons tenté d’appréhender les perspectives déjà élaborées pour en dégager les approches qui nous semblaient essentielles dans la mise en place d’un dispositif innovant. Fruit de recherches, de réflexions et d’analyses, Murmur tente de répondre à une problématique particulière :

    Quelles solutions le numérique peut-il apporter pour engager l’expression des publics au sein des musées, dans une démarche de modernisation de la médiation culturelle ?

    Projet réalisé par Lucile Bitan, Yoann Démare, Laura Doupeux, Gabriel Lovato, Mélodie Mancipoz, Camille Rayssac et Cassandra Ribotti.

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