data-journalismeNouvelles formes de journalisme – Journalisme 2.0

    Le journalisme, en tant qu’étude scientifique des activités sociales humaines, s’appuie étroitement sur les moyens de communication. Accompagné par le développement des NTIC, le journalisme intègre, absorbe immédiatement les conséquences de chaque essor de l’innovation des médias. Ces mutations modifient en profondeur le métier de journaliste tant dans le fond que dans la forme. À l’instar du passage des médias traditionnels aux nouveaux médias, trois nouvelles caractéristiques se manifestent : la participation, la personnalisation et le partage. Ces nouvelles tendances changent la relation du lecteur de façon définitive.

    Slate.fr, le magazine en ligne, illustre très bien le passage du média papier à l’ère numérique. Cette revue web combine des articles de formes différentes :

    • L’article dans sa forme traditionnelle, approfondi et développant un point de vue
    • Le  bloc news : il introduit de l’information vidéo avec quelques lignes d’explication, d’introduction ou d’illustration. C’est une forme plus enrichie
    • L’hybridation : Nouvelle typologie d’article. Dans la rubrique « LU, VU&ENTENDU », les textes sont relativement courts, intégrés à des images, des liens, des vidéos, des pages Facebook ou Twitter. Bien que les pages soient plus courtes l’information est rendue plus lisible et intelligible. Grâce aux nombreux liens externes, les contenus se complètent

    Audience et réseaux : la portée du journalisme web

    Comment être lu ? Pour un média comme Slate.fr qui est né en ligne, il a fallu faire sa place. Bien que rattaché à la version américaine très populaire outre-Atlantique, un modèle importé doit rivaliser face aux médias préexistants tel que lemonde.fr, Rue89 ou encore Mediapart.

    L’audience et la réputation du média en ligne ne peut plus se calculer par le nombre de tirages. Elle va donc se baser sur la e-réputation : la reprise ou la citation d’un article par un autre média va jouer un grand rôle, tout comme le partage de l’article par les lecteurs.  Chez lemonde.fr comme chez slate.fr,  le journaliste perçoit la bonne réception de son article par le nombre de « j’aime » ou le nombre de partage sur les réseaux sociaux tels que Facebook ou Twitter.

    Ainsi, on peut imaginer qu’un article ayant plus de 2.000 réactions de lecteurs aura une audience multipliée par 4 ou 5. De ce fait on peut estimer à 8.000, voire 10.000 lecteurs, la portée d’un article en ligne, un chiffre non négligeable.

    Culture web et écriture journalistique

    Prenons le cas de l’article faisant référence à l’affaire Bettencourt rédigé par le pure player Slate.fr sous forme d’un mur Facebook.

    Comme l’a très bien expliqué au cours de la rencontre CrossMédia, Cécile Dehesdin journaliste au sein de Slate, il faut faire preuve d’intelligence et d’ingéniosité dans la rédaction d’articles. Pour, d’une part, toucher un grand nombre de personnes et, d’autre part, afin de rendre l’information plus sympathique et séduisante auprès du lecteur.

    Dans cet article-même, après un bon nombre d’articles traitant du sujet Bettencourt dans la presse ou sur les autres pure player, la rédaction d’un autre article rédigé dans les règles conventionnelles du journalisme serait un énième article sans grande nouveauté. Le fait de mettre en scène l’information en recréeant un mur Facebook, avec tous les personnages et organisations qui sont intervenus dans cette affaire, nous permet d’approcher le cas Bettencourt d’une autre manière.

    L’écriture d’article de ce type permet au lecteur d’apprendre et connaitre une situation de manière peu commune dans le monde du journalisme, mais qui est très familière pour lui. Effectivement, de nos jours, presque tout le monde s’est approprié le mode de lecture du réseau social.

    Ce genre d’article fait partie des nouvelles formes d’écritures journalistiques. En effet, on change de support mais le but reste toujours le même : informer le lecteur. Dans le cas de Slate.fr, la stratégie éditoriale sert l’information dans le sens où elle la rend plus attrayante aux lecteurs qu’un simple papier de 10.000 signes en trois blocs de texte. De plus, l’écriture de ce type d’article est complètement légitime par son contenu qui illustre parfaitement la situation, tout en veillant à scénariser et travailler les statuts et les commentaires.

    Article illustré et rédigé par Jérémy Garcia, Pauline Sallé-Osselin, Yaqian Zhou

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