Organiser, rationaliser et professionnaliser les musées de la ville de Paris, tels sont les objectifs de Paris Musées que Philippe Rivière, responsable du service multimédia, est venu présenté aux étudiants lors des rencontres Crossmédia 2015. Créé au début de l’année 2013, Paris Musées est un établissement public qui regroupe les 14 musées de la ville de Paris. Philippe Rivière nous a présenté le chemin réalisé par Paris Musées depuis 2013 à travers l’expérimentation, la création de projets innovants et la mise en place de dispositifs numériques.

    1 million d’œuvres, 14 musées, et un établissement pour les gérer  

    Avant 2013, les 14 musées de la ville de Paris qui étaient gérés de façon indépendante. La ville de Paris a souhaité rassembler la gestion de ses musées dans une structure unique pour permettre d’améliorer le professionnalisme de la gestion de ces musées. Paris Musée a aussi profité du savoir faire de professionnels des musées nationaux qui avaient déjà expérimenté la mutualisation de leurs services.

    Le million d’œuvres réparti sur les 14 musées est de nature hétéroclite et va de l’archéologie à l’art contemporain. Ces musées sont souvent situés dans des lieux superbes dont certains sont classés au patrimoine historique. Ils sont parfois déjà connus et très fréquentés, comme le Petit Palais, les catacombes de Paris ou le musée d’art moderne. D’autres sont plus confidentiels, comme le musée Cognacq-Jay ou le musée Bourdelle. Cela ne saurait pourtant durer car le service multimédia de Paris Musée s’active pour faire connaître au plus grand nombre l’existence et les collections de tous les musées de la ville de Paris.

     

    Développer les publics à l’aide du numérique 

    Malgré la gratuité des collections permanentes, la fréquentation des musées de la ville de Paris était en baisse avant 2013. Certains musées n’étaient pas connus du public, et peu avaient adopté une stratégie numérique complexe. On pouvait compter pour l’ensemble de ces musées 6 sites Web, alors que Paris musées en a maintenant 18. Le rôle du pôle multimédia de Paris Musées est de créer une stratégie numérique cohérente pour l’ensemble du réseau, et qui s’adapte à chaque musée en fonction des contraintes (les catacombes sont par exemple très difficiles à équiper en Wifi) et de leur individualité. L’équipe met en place les outils numériques, comme la création de sites Internet, d’applications mobiles et tablettes, de tables interactives, de discussions sur les réseaux sociaux. Ils essaient d’insuffler aux équipes présentes dans chaque musée une connaissance du numérique. Il s’agit aussi d’harmoniser les pratiques et d’améliorer la transversalité tout en permettant à chaque musée de garder ses spécificités.  La valorisation des musées à l’aide d’outils numériques a eu un impact sensible sur le nombre de visiteurs. Selon Philippe Rivière la fréquentation de l’ensemble des musées de Paris Musées a augmenté de 25% en 2013 et de 11% en 2014, ce qui montre l’importance d’une stratégie numérique cohérente et diversifiée.

     

    Un pôle qui développe l’expérimentation et l’innovation  

    La technologie iBeacon au service des musées.

    Alors que la technologie iBeacon suscite un intérêt grandissant, Paris Musée l’a déjà expérimenté pour son application dédiée à l’exposition « Lumières : carte blanche à Christian Lacroix ». On peut lire sur le site du musée Cognacq-Jay : « cette application a la particularité d’être équipée de la technologie iBeacon, permettant la géolocalisation en intérieur et ainsi de proposer automatiquement au visiteur un contenu adapté. L’avantage de cette technologie est de passer par le Bluetooth et de transmettre ainsi son message en toute circonstance, même lorsque le Smartphone ne capte plus de réseau, ce qui peut souvent être le cas dans un musée. » Il est vrai que la connexion Wifi peut être capricieuse dans un musée et l’avoir pris en compte révèle un intérêt pour la prise en compte de l’environnement et des besoins de l’utilisateur dans la conception des applications.

    Une autre application créée par Paris Musées en 2014 est « Paris 1900 » , mise en service à l’occasion de l’exposition au Petit Palais. Ici c’est une technique de géolocalisation coréenne basée sur des ultra-sons qui est expérimentée. Les expérimentations réussies seront utilisées dans d’autres musées du réseau.

    Paris Musées utilise aussi des outils qui ont déjà fait leurs preuves, comme les réseaux sociaux. Hormis quelques musées déjà actifs sur Twitter (le Petit Palais, le Musée d’art moderne, le musée Carnavalet), les musées ne sont pas habitués à prendre la parole sur Twitter ou Facebook. Le pôle multimédia de Paris Musées a un rôle pédagogique dans ce domaine : il forme les équipes de chaque musée à l’utilisation des réseaux sociaux. Le partage des connaissances sur les outils du numérique et l’utilisation de technologies innovantes permettent de développer une stratégie numérique qui touche son public et profitent aussi aux petits musées du réseau qui ont moins de moyen à investir dans ce domaine.

    Alors que le numérique est de plus en plus présent dans les pratiques culturelles des français,  il est intéressant de voir une réponse à l’isolement numérique de certains de nos musées, qui bénéficient d’une synergie avec les autres musées du réseau. Le numérique est vital pour les musées  car leurs visiteurs vivent, découvrent et apprennent avec le numérique tous les jours. On voit bien avec Paris Musées que l’investissement dans une stratégie numérique élaborée porte ses fruits.

     

    Article rédigé par Suzanne Dumoulin

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